Dans la communion

267. Prêt de recevoir Jésus-Christ, après le Pater, vous lui direz trois fois : Domine, non sum dignus, etc., comme si vous disiez, la première fois, au Père éternel, que vous n'êtes pas digne, à cause de vos mauvaises pensées et ingratitudes à l'égard d'un si bon Père, de recevoir son Fils unique, mais que voici Marie, sa servante : Ecce ancilla Domini, qui fait pour vous, et qui vous donne une confiance et espérance singulière auprès de sa Majesté : Quoniam singulariter in spe constituisti me.

268. Vous direz au Fils : Domine, non sum dignus, etc., que vous n'êtes pas digne de le recevoir à cause de vos paroles inutiles et mauvaises et votre infidélité en son service ; mais cependant que vous le priez d'avoir pitié de vous parce que vous l'introduirez dans la maison de sa propre Mère et de la vôtre, et que vous ne le laisserez point aller qu'il ne soit venu loger chez elle : Tenui eum, nec dimittam, donec introducam illum in domum matris meae, et in cubiculum genitrix meae (Cant 3,4). Vous le prierez de se lever et de venir dans le lieu de son repos et dans l'arche de sa sanctification : Surge, Domine, in requiem tuam, tu et arca santificationis tuae. [Vous lui direz] que vous ne mettez aucunement votre confiance dans vos mérites, votre force et vos préparations, comme Esaü, mais dans celles de Marie, votre chère Mère, comme le petit Jacob dans les soins de Rébecca ; que, tout pécheur et Esaü que vous êtes, vous osez vous approcher de sa sainteté, appuyé et orné des mérites et vertus de sa sainte Mère.

269. Vous direz au Saint-Esprit : Domine, non sum dignus, que vous n'êtes pas digne de recevoir le chef-d'œuvre de sa charité, à cause de la tiédeur et iniquité de vos actions et de vos résistances à ses inspirations, mais que toute votre confiance est Marie, sa fidèle Épouse ; et dites avec saint Bernard : Haec maxima mea fiducia ; haec tota ratio spei meae. Vous pourrez même le prier de survenir encore en Marie, son Épouse indissoluble ; que son sein est aussi pur et son cœur aussi embrasé que jamais ; et que sans sa descente dans votre âme, ni Jésus ni Marie n'y seront point formés, ni dignement logés.