Le scapulaire du mont Carmel
À l’origine, le scapulaire était simplement un vêtement utilitaire porté par les moines : une grande pièce de tissu devant et derrière, reliée sur les épaules. Les premiers Carmes, installés au mont Carmel au XIIᵉ siècle, portaient une tunique brune et un manteau rayé. Lorsqu’ils s’installent en Europe au XIIIᵉ siècle, ils deviennent un ordre mendiant et adoptent une tenue comprenant une tunique marron, un scapulaire brun, une capuche et un manteau blanc.
La tradition rapporte qu’au XIIIᵉ siècle, la Vierge Marie serait apparue à Simon Stock, supérieur général de l’Ordre, en lui remettant le scapulaire avec la promesse : « Celui qui meurt avec lui sera sauvé. » Les premiers récits de cette apparition datent toutefois du XIVᵉ siècle, et son historicité est discutée. L’Église n’a jamais tranché cette question, mais elle a confirmé la dévotion au scapulaire et les indulgences qui y sont liées.
Au Moyen Âge, les laïcs souhaitant être associés à la spiritualité carmélitaine ont commencé à porter un signe dérivé de l’habit religieux. C’est ainsi qu’est apparu le petit scapulaire, diffusé sous sa forme actuelle au XVIᵉ siècle. Il se compose de deux petits morceaux de tissu brun reliés par des liens passant sur les épaules. Autrefois obligatoirement en laine, il peut aujourd’hui être fabriqué dans d’autres matières. Depuis 1910, il peut être remplacé par une médaille scapulaire, même si l’Église exprime une préférence pour le tissu.
Pour le recevoir, il faut une imposition par un prêtre ou un diacre, selon un rituel approuvé par l’Église. Ce geste marque un engagement spirituel : prière régulière, dévotion à la Vierge Marie et volonté de vivre selon l’esprit du Carmel. Une fois imposé, le fidèle est considéré comme associé à la famille carmélitaine, même sans appartenir à une fraternité.
Le scapulaire est présenté par l’Église comme un signe marial : signe d’appartenance à Marie, gage de sa protection, et invitation à imiter ses vertus. Les formulations traditionnelles évoquent la promesse de salut pour ceux qui meurent en le portant. L’Église précise cependant que le scapulaire est un sacramental : il ne confère pas la grâce par lui-même, mais dispose le fidèle à la recevoir. L’ancienne croyance dite « privilège sabbatin », selon laquelle Marie délivrerait du purgatoire le samedi suivant la mort, n’est plus mise en avant, même si l’intercession de Marie pour les âmes est encouragée.
Au fil des siècles, de nombreux fidèles ont rapporté des protections ou des grâces qu’ils attribuaient au scapulaire. La dévotion reste très répandue, et plusieurs papes, dont Jean-Paul II, l’ont porté.
Pour en savoir plus :
- Consulter ce site : carmel.asso.fr
- Consulter ce site : codexdei.mariedenazareth.com