Paris, rue du Bac
En 1830, la France est secouée par de profonds bouleversements politiques qui conduisent à la chute de Charles X lors de la révolution de juillet. Dans les mois suivants, des révolutions éclatent en Belgique et en Pologne, tandis qu’une épidémie de choléra partie de Russie progresse vers l’Europe occidentale et atteindra Paris en 1832, causant de nombreuses victimes. C’est dans ce contexte qu’une jeune paysanne, Catherine Labouré, entre chez les Filles de la Charité en janvier 1830. Elle est envoyée en avril au couvent de la rue du Bac à Paris pour y faire son noviciat.
Dans la nuit du 18 juillet 1830, vers 23h30, Catherine est réveillée par un enfant lumineux qui lui dit : « Ma sœur, tout le monde dort bien ; venez à la chapelle ; la Sainte Vierge vous attend ». Elle se lève, s’habille et suit l’enfant qui répand une lumière autour de lui. Arrivée à la chapelle, qu’elle voit entièrement illuminée, elle s’agenouille près du chœur. La Sainte Vierge apparaît et s’assied dans un fauteuil près de l’autel. Catherine s’agenouille à ses pieds et pose ses mains sur les genoux de Marie. Celle-ci lui parle longuement, lui annonce qu’une mission lui sera confiée, que des temps difficiles approchent pour la France et pour l’Église, mais qu’elle bénéficiera de protection et de grâces. Après environ deux heures, la Vierge disparaît et l’enfant reconduit Catherine dans sa chambre.
Le 27 novembre 1830, lors de la prière du soir à 17h30, Catherine voit de nouveau la Vierge, seule à percevoir la vision. Marie apparaît debout, vêtue de blanc, portant un manteau bleu, la tête entourée de douze étoiles. Elle se tient sur un globe et écrase un serpent. Dans ses mains, elle tient un globe doré surmonté d’une croix. De ses doigts partent des rayons lumineux. Autour de la figure apparaissent les mots : « Ô Marie conçue sans péché, priez pour nous qui avons recours à vous ». Marie explique que le globe représente le monde et chaque personne, et que les rayons sont les grâces qu’elle répand sur ceux qui les lui demandent. L’image se retourne ensuite, montrant un grand M surmonté d’une croix, et au-dessous les cœurs de Jésus couronné d’épines et de Marie transpercé d’un glaive, entourés de douze étoiles. Marie demande que cette image soit frappée sur une médaille et promet une protection spéciale à ceux qui la porteront avec piété.
Au cours du mois de décembre 1830, Catherine voit une dernière fois la Vierge sous la forme de la Vierge aux rayons. Celle-ci lui explique que les rayons figurent les grâces demandées et que les pierres sans rayons représentent les grâces que l’on oublie de demander. Marie annonce qu’elle ne se montrera plus mais qu’elle sera entendue dans la prière.
Catherine confie ces événements à son directeur spirituel, le père Aladel. Après hésitation, celui-ci présente la demande à l’archevêque de Paris sans révéler l’identité de la religieuse. L’autorisation est donnée et les premières médailles sont frappées en 1832. Leur diffusion est rapide et massive en France et dans le monde. La médaille porte l’invocation « conçue sans péché » avant même la proclamation officielle du dogme de l’Immaculée Conception en 1854.
Catherine poursuit ensuite une vie simple au service des pauvres, sans révéler son identité comme voyante. Elle meurt le 31 décembre 1876. Exhumé en 1933, son corps est retrouvé intact et repose dans une châsse dans la chapelle de la rue du Bac.
Les apparitions n’ont pas fait l’objet d’un procès canonique spécifique, mais l’Église a reconnu implicitement ces événements par plusieurs actes : l’autorisation officielle de la médaille, l’institution d’une fête liturgique de la médaille miraculeuse le 27 novembre, la béatification de Catherine Labouré en 1933 et sa canonisation en 1947. La chapelle de la rue du Bac est devenue un lieu de pèlerinage reconnu.
Enfin, l’auteur du dessin du drapeau européen, Arsène Heitz, a déclaré en 1987 s’être inspiré de la médaille miraculeuse de la rue du Bac pour créer le drapeau de l’Europe, en reprenant les douze étoiles sur fond bleu, et a affirmé que son projet fut adopté le 8 décembre 1955, fête de l’Immaculée Conception.
Pour en savoir plus :
- Consulter ce site : chapellenotredamedelamedaillemiraculeuse.com