L'oraison
L’oraison
Qu’est-ce que l’oraison ? Ste Thérèse explique : "L’oraison mentale n’est, à mon avis, qu’un commerce intime d’amitié où l’on s’entretient souvent seul à seul avec ce Dieu dont on se sait aimé".
L’oraison cherche "celui que mon cœur aime" (Ct 1,7). C’est Jésus, et en lui, le Père. On le désire parce que le désir est toujours le commencement de l’amour, et on le cherche dans la foi, cette foi qui nous fait naître de lui et vivre en lui. On peut méditer, mais le regard reste tourné vers le Seigneur.
Le choix du moment et de la durée de l’oraison relève d’une volonté déterminée, qui révèle les secrets du cœur. On ne fait pas l’oraison quand on a le temps, on prend le temps pour le Seigneur, avec la détermination de ne pas le lui reprendre en cours de route, quelles que soient les épreuves ou les sécheresses de la rencontre. Même si l’on ne peut pas méditer, on peut toujours entrer en oraison. Le cœur est le lieu de la recherche et de la rencontre, dans la pauvreté et dans la foi.
L’entrée en oraison ressemble à l’entrée dans la Liturgie eucharistique : rassembler le cœur, recueillir tout notre être sous la mouvance de l’Esprit Saint, habiter la demeure du Seigneur que nous sommes, éveiller la foi pour entrer en sa Présence, faire tomber nos masques et remettre notre cœur à Dieu comme une offrande à purifier et transformer.
L’oraison est la prière de l’enfant de Dieu, du pécheur pardonné qui accueille l’amour dont il est aimé et veut y répondre en aimant encore davantage. Mais il sait que son amour en retour est donné par l’Esprit dans son cœur : tout est grâce de Dieu. L’oraison est une remise humble à la volonté aimante du Père, en union de plus en plus profonde avec son Fils bien-aimé.
C’est aussi l’expression la plus simple du mystère de la prière. L’oraison est un don, une grâce, qui ne peut être accueillie que dans l’humilité et la pauvreté. Elle établit une relation d’alliance avec Dieu au fond de notre être et nous met en communion avec la Trinité.
L’oraison est un temps fort de la prière. Elle permet au Père de "nous armer de puissance par son Esprit pour que se fortifie en nous l’homme intérieur, que le Christ habite en nos cœurs par la foi et que nous soyons enracinés et fondés dans l’amour" (Ep 3,16-17).
La contemplation consiste à fixer notre regard de foi sur Jésus. "Je L’avise et Il m’avise", disait le Curé d’Ars. Cet attention à Lui purifie le cœur, illumine notre regard intérieur et nous fait voir tout dans la lumière de sa vérité et de sa compassion. Elle nous fait aussi contempler les mystères de la vie du Christ et approfondir notre connaissance intérieure du Seigneur pour mieux L’aimer et Le suivre.
L’oraison est également écoute de la Parole de Dieu. Cette écoute n’est jamais passive : c’est l’obéissance de la foi, un accueil aimant, qui participe au "oui" du Fils devenu Serviteur et au "fiat" de Marie.
L’oraison est silence, ce "symbole du monde qui vient" ou "silencieux amour". Les paroles ne sont pas des discours mais des brindilles qui nourrissent le feu de l’amour. Dans ce silence, le Père nous parle par son Verbe incarné, et l’Esprit nous fait participer à la prière de Jésus.
L’oraison nous unit à la prière du Christ, nous faisant vivre son Mystère. Le Mystère du Christ célébré dans l’Eucharistie est rendu vivant dans l’oraison, et se manifeste par la charité en actes.
Enfin, l’oraison est une communion d’amour porteuse de vie pour tous, dans la mesure où l’on consent à demeurer dans la nuit de la foi. La Nuit pascale de la Résurrection passe par l’agonie et le tombeau. L’Esprit nous fait vivre ces temps dans l’oraison, à la manière de Jésus, et il nous faut veiller avec Lui.
Pour en savoir plus :
- Consulter ce site : viechretienne.catholique.org