Les âmes du purgatoire

À noter que j’étais une athée, mais là j’ai commencé à protester :

« Âmes du purgatoire ! S’il vous plaît, tirez-moi hors d’ici ! Je vous en prie, aidez-moi ! »

Pendant que je protestais, j’ai commencé à entendre des milliers et des milliers de gens protester, des jeunes… Oui, surtout des jeunes, et avec tellement de souffrance ! Je pouvais percevoir que là, dans cet horrible endroit, dans ce bourbier de haine et de souffrance, ils grinçaient des dents, avec des cris perçants et des lamentations qui m’ont remplie d’une compassion telle que je ne pourrai jamais oublier cet instant…

(Déjà 10 ans ont passé, mais je pleure et je souffre toujours, quand je me rappelle les souffrances de tous ces gens)…

Comme je disais, j’ai compris qu’en cet endroit il y avait des personnes qui, dans un moment de désespoir, s’étaient suicidées …Maintenant elles étaient dans ce lieu de supplices, parmi ces êtres horribles, entourées de démons qui les tourmentaient. Mais le plus cruel de ces supplices était l’absence totale de Dieu, parce que là on ne sent plus la présence de Dieu. J’ai compris que ceux qui, dans un moment de désespoir, se sont enlevé la vie, devaient rester là, dans ce lieu de supplices, pendant tout le temps qu’il leur aurait resté à vivre sur terre : parce que tous ceux qui se tuent, sortent de l’Ordre Divin.

Ces malheureuses personnes, en majorité des jeunes, beaucoup, beaucoup de jeunes, pleurent et souffrent beaucoup… Si on savait quelles souffrances nous attendent, jamais personne ne tenterait de s’enlever la vie !

Savez-vous quel est le pire supplice pour ceux qui sont là ?

C’est de voir leurs parents encore vivants qui pleurent et souffrent avec un énorme sentiment de culpabilité : si je l’avais puni, ou si je ne l’avais pas puni, si je lui avais dit ou ne lui avais pas dit, si j’avais fait ceci ou cela … À la fin, ces regrets sont si terribles, – un véritable enfer pour ceux qui les aiment et qui sont encore en vie – c’est là ce qui les fait souffrir le plus. C’est là leur plus grand supplice et c’est ici que les démons se déchaînent en les couvrant d’invectives comme :

« Regardez combien votre mère pleure, regardez combien elle souffre, regardez comment votre père souffre, regardez comme ils sont désespérés, comme ils sont affligés, comme ils se blâment eux-mêmes et se disputent, s’accusant réciproquement les uns les autres, regardez toute la douleur que vous leurs avez causée. Regardez à quel point ils se rebellent contre Dieu. Regardez votre famille… Tout ceci par votre faute ! » Ce dont ces pauvres âmes ont besoin, est que ceux qui restent ici-bas puissent commencer à se convertir, à changer leur vie, qu’ils puissent faire des actes de piété et de charité, visiter les malades… Et qu’ils puissent faire célébrer le saint Sacrifice de la Messe pour le repos des morts. Ces âmes bénéficient énormément des suffrages des vivants. Dans le purgatoire les souffrances sont stériles et ces âmes sont impuissantes à se délivrer elles-mêmes. Rien ! Mais Dieu, oui, à travers la Sainte Messe. C’est ainsi que nous devons les aider.

J’ai donc compris que ces pauvres âmes ne pourraient rien faire pour moi, et dans ma douleur et mon angoisse, je me suis mise à protester vivement : « Mais il y a sûrement erreur ! Voyez, je suis une sainte ! Je n’ai jamais volé ! Je n’ai jamais tué personne ! Je n’ai jamais rien fait de mal à qui que ce soit ! Au contraire, avant d’échouer en affaires, j’emportais toujours les meilleurs produits de Suisse, j’extrayais les dents et souvent je pratiquais des soins dentaires sans rien exiger de ceux qui ne pouvaient pas payer. J’ai acheté maintes choses pour les donner aux pauvres ! Comment se fait-il que je sois ici ?! … »

Je faisais valoir mes droits ! Moi, qui était si bonne et qui devrait aller tout droit au ciel, qu’est-ce que je faisais ici ?!

J’allais à la Messe tous les dimanches. Même si je me considérais athée et que je ne portais pas attention à ce que le prêtre disait, je ne manquais jamais la Messe. Si j’ai manqué cinq fois dans toute ma vie, c’est à peu près tout ! Comment se fait-il que je sois ici ?!…

« Mais qu’est-ce que je fous dans cette galère ? Tirez-moi d’ici ! Amenez-moi hors d’ici ! » Je continuais à crier, terrifiée, pendant que ces horribles créatures s’accrochaient après moi !

« Je suis catholique ! Je suis catholique, de grâce, sortez-moi d’ici ! »