Les mensonges et la première confession mal faite

Quand j’étais encore petite, j’avais appris malheureusement que, pour éviter les punitions de ma mère, plutôt sévères, le mensonge était le moyen idéal : j’ai donc commencé à mentir comme mon père savait si bien le faire ; j’avais formé une alliance avec lui et j’en étais venue à si bien mentir qu’à mesure que le nombre de mes péchés augmentaient la taille de mes mensonges augmentait également… Sachant, par exemple, que ma mère avait un grand respect pour le Seigneur (pour elle le nom du Seigneur était sacré) j’ai pensé que j’avais l’arme parfaite pour lui mentir ! J’avais l’habitude de lui dire : « Maman, au nom du Christ Jésus, je te jure que je n’ai pas fait ça ! » De cette façon je réussissais à éviter les punitions. Avec mes mensonges, je trempais le Saint Nom de Jésus-Christ dans mes propos odieux, dans ma méchanceté, mes grossièretés, me rendant coupable de tellement d’ordures et ainsi de nombreux péchés… J’ai appris que tout ça était vite oublié, et quand ma mère insistait trop, je disais : « Maman, écoute ! Que le tonnerre me tombe dessus si ce que je dis est faux ! » Ces mots je les ai employés maintes et maintes fois… Et vous voyez ! Plusieurs années plus tard, j’ai finalement été foudroyée par un véritable éclair ! Et si je suis ici aujourd’hui c’est uniquement grâce à la miséricorde de Dieu.

Un jour, mon amie Estela m’a dit :

« Mais regarde un peu, tu as déjà 13 ans et tu n’as toujours perdu ta virginité ? »

Je l’ai regardée un peu effrayée ! « Comment-ça…? Que veux-tu dire par cette phrase ? »

Ma mère m’avait toujours parlé de l’importance de la virginité ; elle m’avait dit qu’il s’agissait là d’une alliance matrimoniale avec le Seigneur. Mais mon amie avec son air de supériorité me dit :

« Dès mes premières menstruations, ma mère m’a amenée chez un gynécologue, et maintenant je prends la pilule ! » Je ne savais même pas à l’époque de quoi il s’agissait ! Elle m’a donc expliqué ce que sont les pilules contraceptives, dont elle se servait pour prévenir les grossesses, en ajoutant qu’elle avait déjà couché avec son cousin, avec un ami, avec celui-ci et celui-là… Une énorme liste ! Elle affirma que c’était une très belle chose ! Mes amies me dirent : « Tu ne sais vraiment rien ? » Puisque j’avais répondu non, elles me promirent de m’amener à un endroit où elles avaient toutes appris. J’étais inquiète : je savais où elles m’auraient amenée ! J’ai donc commencé à percevoir ce qui était un nouveau monde pour moi ; nouveau et complètement inconnu.

Elles m’ont amenée voir un film pornographique dans un cinéma plutôt laid, situé au centre-ville. Imaginez ma surprise ! Une fille de 13 ans, qui à ce moment-là n’avait même pas une télévision chez elle ! Vous pouvez imaginer les sensations que ce film m’a données ! J’étais quasiment morte de frayeur ! Je me pensais rendue en enfer ! J’aurais voulu fuir de là à toute allure… Mais j’éprouvais une telle gêne devant mes amies que je ne l’ai pas fait… Mais j’étais effrayée et j’aurais tant voulu sortir de là.

Ce jour-là je suis allée à la messe avec ma mère. J’étais si effrayée que j’ai senti le besoin d’aller me confesser. Ma mère est restée devant l’autel pour prier. Au confessionnal j’ai dit mes péchés habituels : que je n’avais pas fait mes devoirs ni à la maison, ni à l’école, que j’étais désobéissante… C’était là mes péchés habituels. Je me confessais toujours au même prêtre qui connaissait assez bien mes fautes les plus courantes ; mais ce jour-là j’ai également mentionné que j’étais allée au cinéma en cachette de ma mère. Le prêtre, surpris, m’interrompit brusquement en disant d’une voix forte : « Cachée de qui? ! Où es-tu allée ? » Un peu mal à l’aise, j’ai jeté un coup d’œil du côté de ma mère et j’ai vu qu’elle n’avait pas entendu là où elle se trouvait… Heureusement elle ne s’était aperçue de rien ! Vous pouvez vous imaginer si elle avait entendu…! Je suis sortie du confessionnal, fâchée contre le prêtre, et naturellement moi, j’avais évité de lui mentionner le genre de film j’avais vu ! Si le simple fait d’avoir seulement dit que j’étais allée au cinéma en cachette l’avait scandalisé vous pouvez imaginer ce qui serait arrivé si je lui avais mentionné ce que j’avais vu. Il m’aurait probablement battue.

C’est alors que Satan commença à déployer toute son astuce! C’est à partir de ce moment que je me suis mise à faire des mauvaises confessions. Dès lors, je choisissais ce que j’allais dire en confession : « Je confesse ceci mais pas cela ; je dis ce péché au prêtre, mais celui-là, non »… Mes confessions sacrilèges ont alors commencé ! Je suis allée recevoir le Seigneur sachant que je n’avais pas tout dit à mon confesseur ! Je l’ai reçu indignement ! Le Seigneur m’a montré combien terrible pouvait être la dégradation de mon âme, et combien ce processus de mort spirituelle pouvait être grave… Au point que, à la fin de ma vie, je ne croyais plus au diable ni en rien d‘autre. Il m’a montré comment, dans ma petite enfance, je marchais main dans la main avec Dieu en me faisant comprendre la profondeur de la relation que j’avais avec Lui. Le péché avait fait en sorte que, petit à petit, j’avais laissé sa main aller. Alors le Seigneur me dit que ceux qui mangent et boivent son Corps et son Sang, mangent et boivent leur propre condamnation : J’ai mangé et j’ai bu ma condamnation ! J’ai vu, dans le Livre de la Vie, à quel point le démon était désespéré parce qu’à 12 ans je croyais toujours en Dieu et que j’allais toujours à l’adoration eucharistique avec ma mère… C’était terriblement décourageant de voir cela.

Quand j’ai commencé à vivre dans le péché, le Seigneur m’a fait sentir que cette paix du cœur qui m’habitait encore allait m’abandonner. Un combat a alors commencé entre ce que ma conscience me dictait et ce que mes amies me disaient. « Quoi ? Aller à confesse ?! Quelle stupidité ! Tu es complètement démodée !! Et avec qui donc ? Avec ces prêtres, qui sont de plus grands pécheurs que nous ? » Aucune d’elles n’allaient à confesse, j’étais la seule qui y allait encore. C’était la guerre entre ce que mes amies me disaient d’une part et ce que ma mère et ma conscience me disaient d’autre part... Lentement, lentement, l’équilibre a commencé à se rompre et mes amies ont finalement gagné. J’ai alors décidé de ne plus aller à confesse : je ne me confesserai plus à ces vieux ecclésiastiques, qui s’étaient scandalisés tout juste parce que j’étais allée au cinéma !

Voyez la ruse de Satan ! Je me suis distancée de la confession à 13 ans. C'est un expert, ne savez-vous pas ? Il met des idées erronées dans notre tête ! À 13 ans, Gloria Polo était déjà un cadavre vivant, en esprit. Mais pour moi, c’était important, c’était un motif de fierté d’appartenir à ce petit groupe d’amies, de filles raffinées et expertes… À 13 ans nous croyons tout connaître, et que tout ce qui a rapport à Dieu est démodé et stupide. Ce qui est dans le vent c’est d’exploiter…

Je ne vous ai pas encore dit que, quand la Voix de Jésus s’était fait entendre et que les démons avaient pris la fuite parce qu’ils ne pouvaient pas supporter cette Voix, l’un d’entre eux était demeuré sur place avec l’autorisation du Seigneur de rester. Ce démon, un énorme démon, s’est mis à hurler lançant des cris terrifiants : « Elle est à moi ! Elle est à moi ! » Il avait été le seul à rester parce que c’était lui qui m’avait dupée, manipulée et qui, avec sa stratégie, avait profité de ma faiblesse pour m’inciter à pécher !

C’était lui qui avait réussi à m’éloigner du confessionnal et m’avait ainsi enlevé le moyen de purifier mon âme et de la débarrasser de ses souillures : mon péché n’était pas gratuit. Sur la blancheur de mon âme le malin avait laissé sa marque, empreinte de noirceur et d’obscurité. Et cette âme blanche a commencé à s’obscurcir davantage. Jamais plus je n’ai pu recevoir la Sainte Communion avec un cœur pur : seule ma première communion avait été précédée d’une bonne et sincère confession. A partir de cet instant, j’ai commencé à recevoir le Corps de mon Seigneur Jésus de manière indigne. Lorsque nous nous confessons nous devons toujours demander à l’Esprit Saint de nous éclairer et d’illuminer notre esprit de sa Sainte Lumière. Parce que s’il y a une chose que le diable sait faire, c’est d’obscurcir notre pensée pour nous faire croire qu’il n’y a pas de péchés, que tout est bien, qu’il n’y a pas lieu de voir un prêtre pour se confesser – et même encore – que les prêtres sont de plus grands pécheurs que nous et que de se confesser est complètement démodé. Évidemment ça faisait beaucoup plus mon affaire de ne pas aller à confesse.