Aime ton prochain

Jamais, jamais je n’ai eu d’amour, ni de compassion pour mon prochain ou pour ceux qui m’entourent. Je n’ai jamais pensé, de la manière la plus absolue, aux malades, à leur solitude, aux enfants qui n’ont pas de mères, aux orphelins… Avec autant de bébés qui souffrent, avec tant de souffrance, j’aurais pu dire : Seigneur, laissez-moi les accompagner dans leurs peines… Et au lieu de ça non. Rien ! Mon cœur de pierre ne s’est jamais souvenu des souffrances des autres. Le pire de tout c’est que je n’avais jamais rien fait par amour pour mon prochain ! Par exemple, au supermarché j’ai payé les achats de bien des gens qui n’avaient pas d’argent et qui étaient dans le besoin, mais je ne le faisais pas par amour : j’avais de l’argent, et ça ne me dérangeait pas de le faire. Je l’ai fait parce que j’aimais que tous les gens voient mon geste, et qu’ils puissent dire que j’étais bonne et que j’étais une sainte. Et avec quelle habilité je savais comment profiter de l’infortune des gens ! Je ne donnais rien gratuitement ! En fait, je disais : « Je fais ceci pour vous, mais en retour auriez-vous l’obligeance d’aller chez moi, à l’école de mes enfants, à telle réunion, parce que le temps me manque… porter pour moi des enveloppes, des factures de voiture… ou ceci pour moi, ou cela pour moi… » De cette façon, je manipulais tout le monde : j’effectuais des travaux charitables afin d’obtenir des faveurs en retour, et jamais parce que la personne était dans le besoin. D’ailleurs, j’adorais avoir des gens tout autour de moi, qui disaient de moi que j’étais bonne et généreuse et même une sainte : parce qu’il y en avait qui allait jusqu’à dire que j’étais une sainte et c’étaient des gens qui me connaissaient bien ! Dans ce test que Jésus m’a fait subir sur les Dix commandements j’ai vu comment tous mes maux avaient découlé de ma cupidité. J’étais aveuglée par ce désir d’avoir de l’argent, beaucoup d’argent, parce que je pensais que plus j’aurais de l’argent plus je serais heureuse. Malheureusement c’est précisément la période durant laquelle j’avais beaucoup d’argent qui a été la plus désastreuse pour mon âme, au point où j’ai même voulu me suicider. Malgré tout mon argent, je me sentais seule, vidée, amère, et frustrée. Cette cupidité, ce désir de richesses, était le chemin qui m’a conduite par la main vers le malin en me détachant et m’éloignant moi-même de la main du Seigneur. Il m’a dit : « Tu avais un dieu, et ce dieu était l’argent, et à cause de lui tu t’es condamnée toi-même. C’est lui qui a provoqué ta chute dans l’abysse en t’éloignant de ton Seigneur. ».

Quand il m’a dit « dieu argent »… Nous avions réussi, oui, à avoir beaucoup d’argent, mais plus récemment nous étions dans le rouge, criblés de dettes, et il ne nous restait plus un seul sou. Et j’ai alors crié : « Mais quel argent ? Ce que j’ai laissé sur terre ne sont rien d’autres que des dettes ! »

De tous mes tests sur les Dix commandements, je n’en ai même pas réussi un ! Terrible ! ! ! Quel effroi ! ! ! Je vivais dans un chaos authentique ! … Mais comment ? …Moi ? ! Moi, qui n’avait jamais tué ? ! Qui n’avait jamais nuis à personne ? C’est ce que je pensais… Mais au contraire oui, j’avais tué tellement de personnes !