Le retour

Mais quand mon Livre de la vie s’est refermé, vous ne pouvez pas concevoir dans quel état j’étais : j’étais vraiment terrorisée. Je me voyais la tête en bas, ayant l’impression de tomber tête première dans une fosse. Et alors cette fosse s’est ouverte laissant place à un trou béant dans lequel je me sentais tomber. Prise de panique, je me suis mise à crier à tous les saints de venir à mon secours. Vous ne croirez pas toute la quantité de saints que j’ai pu invoqués : St-Ambroise, St-Isidore, St-Augustin, etc. Je ne savais même pas comment les reconnaître tellement j’étais une mauvaise chrétienne ! Mais quand j’ai eu fini ma liste de saints, je suis restée silencieuse… J’ai senti un immense vide intérieur, de la douleur et beaucoup de honte et je me suis rendue compte que personne ne pouvait m’aider ! Et je me suis dit: « Et tous ces gens, sur terre qui pensaient que j’étais une sainte… Qui espéraient me voir mourir afin de me demander des grâces. Où vais-je maintenant ? » J’ai levé les yeux, et j’ai vu ceux de ma mère. J’ai ressenti une telle tristesse, une peine intense, parce qu’elle aurait tellement voulu me porter dans les bras de Dieu. Grandement confuse et saisie de douleur je lui ai crié : « Maman, quel abomination ! Je me suis condamnée moi-même et je ne te reverrai plus jamais ! »

Mais en ce même instant, Jésus lui accorda une magnifique grâce : ma mère était immobile et Dieu lui permit de bouger les doigts, et de les pointer vers le haut en m’invitant à regarder dans cette direction : J’ai regardé, mais voilà que je me suis vivement ressaisie et, avec une affreuse douleur, mes yeux se sont rouverts. C’était mon aveuglement spirituel qui se dissipait et soudainement j’ai été témoin d’un merveilleux moment.

Un jour, un de mes patients, me dit : « Docteur, je suis extrêmement peiné et triste pour vous parce que vous êtes beaucoup trop matérialiste. Mais un de ces jours, si jamais vous vous trouvez dans une situation affligeante ou dangereuse, peu importe, demandez à Jésus-Christ de vous guérir avec son sang, en implorant son pardon ; parce que jamais, au grand jamais, Il ne vous abandonnera après en avoir Lui-même payé le prix en versant son propre Sang pour vous racheter. »

Et ainsi, avec beaucoup de honte et une immense peine, j’ai crié : « Seigneur Jésus Christ, aie pitié de moi ! Pardonne-moi, Seigneur, pardonne-moi ! Donne-moi une seconde chance ! »

C’était le moment le plus beau, le plus merveilleux ! Je n’ai pas de mots pour le décrire. C’est alors que Jésus s’est penché vers moi et m’a tirée hors de cette fosse ! Il m’a soulevée et m’a déposée sur un niveau plus élevé en me disant avec beaucoup d’amour : « Oui, tu retourneras, et tu auras ta seconde chance… Non pas à cause des prières de ta famille, parce qu’il est tout à fait normal qu’elles pleurent et intercèdent en ta faveur, mais en raison de l’intervention de toutes ces personnes qui n’ont aucun lien de parenté avec toi et qui ont pleuré, prié, élevé leur âme et leur cœur à Dieu avec tellement d’amour pour toi ». Savez-vous ce que j’ai réalisé ? J’ai réalisé la grande puissance de la prière d’intercession auprès de Dieu, frères ! Savez-vous ce qu’il faut faire pour être toujours en présence du Seigneur ? Priez quotidiennement pour vos enfants, mais priez également pour les enfants du monde entier ! Priez pour les autres ! De cette façon vous serez tous les jours en présence de Dieu.

J’ai vu comment des milliers et des milliers de petites flammes de lumière sont montées de manière si belle dans la présence du Seigneur ; c’étaient de petites flammes blanches, extraordinaires, remplies d’amour. Elles étaient les prières de beaucoup, beaucoup de personnes, qui priaient pour moi; les prières de ceux qui avaient été touchés après avoir vu à la télévision et dans les journaux ce qui m’était arrivé et qui m’avaient offert des prières et des messes. Le plus beau cadeau que vous pouvez offrir à quelqu’un est le Saint Sacrifice de la Messe. Rien n’existe de plus efficace pour porter secours à quelqu’un que le Saint Sacrifice. C’est également ce que Dieu apprécie le plus : de voir ses enfants intercéder les uns pour les autres et de contribuer à la délivrance de leurs propres frères. La Sainte Messe n’est pas l’œuvre de l’homme mais une création de Dieu.

Cependant, parmi ces petites lumières, il y en avait une qui était énorme et très belle : une lumière beaucoup plus grande que toutes les autres. Savez-vous, frères, pourquoi je suis ici aujourd’hui ? Pourquoi je suis revenue sur terre ? C’est parce que dans mon pays existe un saint. J’ai regardé avec curiosité, afin de savoir qui était cette personne qui m’aimait d’un si grand amour et le Seigneur m’a dit : « Cet homme que tu vois là-bas est une personne qui t’aime immensément et il ne te connaît même pas ». Il m’a fait voir qu’il s’agissait d’un pauvre paysan, qui habitait dans les montagnes, du Sierra Nevada de Santa Martha. Cet homme était très pauvre et n’avait rien à manger. Toutes ses récoltes avaient été dévastées, même ses poulets avaient été volés par les hommes de la « guérilla ». Ces derniers, avaient même voulu prendre dans leur service son fils le plus âgé. Ce paysan était descendu au village pour aller assister à la Messe. Le Seigneur a attiré mon attention sur les mots qu’il utilisait dans sa prière; « Seigneur, je t’aime ! Merci pour la santé, merci pour mes enfants ! Merci pour tout ce que tu me donnes ! Loué sois-Tu ! Gloire à Toi ! »

Sa prière n’était faite que de remerciements et d’éloges à Dieu ! Le Seigneur m’a fait voir que dans son portefeuille il avait un billet de banque de 5.000 pesos, et un billet de 10.000 pesos, et c’était tout ce qu’il possédait ! Savez-vous ce qu’il a fait… ? Il a donné le billet de 10.000 en offrande à l’Offertoire durant la Messe ! Moi, mes offrandes se limitaient habituellement à un pauvre billet de 5.000 pesos tout au plus, et cela quand quelqu’un me donnait un faux billet au travail !

Mais lui, au lieu de cela, il n’a pas donné son billet de 5.000, mais celui de 10.000, même si c’était le seul argent qu’il possédait ! Et il l’a fait sans se donner un air mécontent, sans maugréer en raison de sa pauvreté, mais il l’a fait en remerciant et en louant Dieu ! Quel exemple, frères ! En sortant de l’église après la Messe il est allé acheter un morceau de savon (savon de lavage) ; il l’a enveloppé dans un morceau de journal de la veille (« O Espectador »), Sur ce morceau de journal, il y avait des nouvelles de mon accident avec une photographie de moi me montrant entièrement carbonisée.

Quand cet homme a pris connaissance de la nouvelle à mon sujet, comme il lisait lentement il fut très ému et fondit en larmes comme s’il s’agissait d’une personne qui lui était très chère ; il se jeta alors à genoux face contre terre en priant Dieu de tout son cœur : « Père, mon Seigneur, ayez pitié de ma petite sœur, sauvez-la, sauvez-la, Seigneur ! Seigneur, si vous sauvez ma petite sœur, je vous promets de me rendre au sanctuaire de Buga et d’accomplir ce vœu, mais sauvez-la. De grâce Seigneur, sauvez-la ! » Pensez-y bien, cet homme si pauvre, qui ne maudissait pas, ne se plaignait pas d’être incapable de nourrir sa famille convenablement, mais qui, au contraire, louait et remerciait Dieu… Et avec un amour de son prochain si grand que, même n’ayant rien à manger, il était disposé à traverser le pays pour remplir une promesse en faveur de quelqu’un qu’il ne connaissait même pas !

Le Seigneur me dit : « Ça c’est un véritable amour de ton prochain ! C’est de cette façon que tu dois aimer ton prochain… » Et c’est là que le Seigneur m’a confié la mission suivante : « Tu vas retourner sur terre pour donner ton témoignage, que tu vas répéter non pas 1000 fois, mais 1000 fois 1000 fois. Malheur à celui qui après avoir entendu ce message ne le mettra pas en pratique parce qu’il sera jugé plus sévèrement. Et ceci s’applique également pour toi à ton second retour, pour les religieux qui sont mes prêtres et pour quiconque ne voudra pas t’écouter : parce qu’il n’y a pas de personnes plus sourdes que celles qui ne veulent pas entendre, ni de personnes plus aveugles que celles qui ne veulent pas voir »

Ceci, mes chers frères, n’est pas une menace, au contraire ! Le Seigneur n’a pas besoin de nous menacer. C’est une seconde chance que j’ai eue, et cette seconde chance est également la vôtre. Ceci nous démontre que Dieu est en amour avec nous, et place devant nos yeux ce miroir que je suis, moi, Gloria Polo. Parce que Dieu ne veut pas que nous nous condamnions nous-mêmes, mais plutôt que nous vivions avec lui dans le Paradis. Mais pour ceci, nous devons nous laisser transformer par Lui. Quand notre heure arrivera de quitter ce monde notre Livre de Vie sera ouvert et il en sera ainsi pour chacun de nous. Quand votre heure viendra, tout comme moi, chacun de vous aura à passer à travers ce moment. Là, nous nous verrons exactement comme nous sommes maintenant avec cette différence que nous verrons aussi nos pensées et nos sentiments, nos actes et leurs conséquences, nos omissions et leurs effets… Tout en présence de Dieu. Mais la chose la plus belle est que chacun verra le Seigneur face à face, de sorte qu’en réalité nous deviendrons de nouvelles créatures avec Lui parce que sans Lui nous ne pouvons rien faire !