Mon manque d’amour de Dieu

Ma relation avec Dieu laissait beaucoup à désirer. Pour moi, Dieu était celui à qui je me confiais seulement lorsque j’avais un problème. Souvent, lorsque cela arrivait je courrais lui demander son aide. La plupart du temps, il s’agissait d’un problème économique ! Entre moi et Dieu, c’était une relation de nature purement économique, Un genre de « guichet bancaire » ! J’y déposais une prière et une supplication pour que Dieu puisse m’envoyer de l’argent ! Je voulais que Dieu m’aime et me donne tout à la fois, vraiment tout, mais selon mes propres conditions ! Et que personne ne vienne me dire qu’en agissant ainsi je me comportais en pécheresse, parce que je ne l’appréciais pas ! Le diable avait endormi ma conscience ! Souvent, quand j’avais un problème d’argent et que je passais devant une image de l’Enfant Jésus en sortant de l’église, je touchais sa petite main en lui disant : « Écoute-moi ! Donne-moi de l’argent, j’en ai besoin »

Tout comme on fait avec Bouddha : on lui gratte l’estomac en lui demandant de l’argent ! C’est ce que je faisais avec l’Enfant Jésus ! Imaginez mon arrogance ! Quel manque de respect flagrant ! Et le Seigneur m’a fait voir combien mon insolence et mon manque de respect l’avaient fait souffrir ! Quelle peine et quelle honte je ressentais, maintenant ! L’argent arrivait, oui, mais disparaissait aussitôt ! C’était comme si, plus je me sentais déprimée plus je me trouvais devant rien. À la fin je me retrouvais sans cesse dans une situation économique toujours plus mauvaise que la première.

Les choses étant ce qu’elles sont, une dame m’a raconté avoir vécu une expérience semblable mais qu’elle s’était adressée à un pasteur protestant que quelqu’un lui avait recommandé et tout était allé pour le mieux ! En entendant cela, je lui ai aussitôt demandé où je pourrais trouver ce pasteur, parce que j’aurais voulu le voir dès que possible ! … Voyez mon manque de loyauté !

Je suis donc allée chez ce pasteur qui a prié pour moi en imposant ses mains sur ma tête et qui m’a fait communier à la façon des protestants. Pensez-y bien, je recevais déjà le Corps et le Sang du Seigneur, dans ma religion catholique et là on m’incitait à recevoir la communion comme si c’était la première fois !

Leurs célébrations étaient très animées: ils sautaient, applaudissaient… Je me suis dit en moi-même : ce qu’ils peuvent être barbants et rasants nos prêtres catholiques avec leurs messes ennuyantes… Il n’y a aucune comparaison avec ces gens, qui savent nous mettre à l’aise et nous rendre si joyeux !

Ces gens-là ne croient pas aux images et disent que la vénération des images est de l’idolâtrie. Alors donc, je ne m’agenouillais plus devant le crucifix, parce que c’était de l’idolâtrie. Quand j’ai commencé à aller à ces églises évangéliques, j’avais une voisine, une vielle dame très pauvre, qui demeurait en face de chez moi. Souvent je l’aidais en lui donnant l’argent nécessaire pour payer ses comptes d’électricité et d’eau et parfois même je faisais quelques emplettes d’épicerie pour elle. Comme vous pouvez l’imaginer, cette vieille dame était très attachée à moi !

Mais lorsque nous n’avons pas Dieu en nous, même nos bonnes œuvres deviennent mauvaises tout comme nos péchés.

Comme je disais auparavant, quand j’ai commencé à fréquenter les évangéliques j’aimais beaucoup leur façon de faire dans les églises ; en plus de réussir à créer une atmosphère joyeuse dans leurs célébrations, ils réussissaient aussi à maintenir des liens solides entre les membres de leur communauté.

Toutefois, cette vieille dame était catholique, et je me suis servi de l’amitié qu’elle avait pour moi, pour finalement réussir à la convertir au protestantisme et donc à détruire sa foi. Bref, grâce à mes conseils et aux idées que je lui avais mises dans la tête elle mourut sans recevoir les derniers sacrements. Elle a refusé de les recevoir, parce qu’elle ne croyait plus en leur importance. Voyez comment nous pouvons influencer ceux qui nous entourent ! Quand le malin nous habite, nous finissons par en attirer d’autres avec nous et à les entraîner à commettre les mêmes erreurs que nous. Vous saisissez maintenant tout le mal que j’ai pu faire à cette dame !

Mais quand ce pasteur protestant m’a demandé de payer la dîme, je suis devenue furieuse ; en fait, durant cette même période, j’avais déjà déclaré faillite et, pour ajouter à mes difficultés financières, voilà que l’église évangélique me demandait de leur verser 10% de mes revenus ! … Le coup de foudre pour le protestantisme s’est vite dissipé.