L’avortement de l’amie

À 13 ans, mon amie Estela est devenue enceinte. Quand elle m’a raconté ça, je lui ai demandé : « Mais ne prenais-tu pas la pilule ? » « Oui, – m’a-t-elle répondu – mais ça n’a pas marché ! » « Et maintenant ? Que vas-tu faire ? » Elle m’a dit qu’elle ne savait pas. Elle ignorait si ça s’était produit lors d’une party, ou lors d’une promenade ou avec son fiancé.

En juin elle est partie en vacances avec sa mère. Elle était déjà enceinte depuis cinq mois. Quand elle est revenue, elle était changée : elle paraissait calme mais son teint était cadavéreux ! Elle était très pâle, et de cette fille extrovertie qui prenait plaisir à tout, il ne restait plus rien. À partir de ce jour elle ne semblait plus être la même.

Vous savez, ni l’une ni l’autre de nous aimait aller à la Messe. Mais, comme notre école était dirigée par des religieuses, on leur devait obéissance et donc il fallait suivre la règle. Il y avait un vieux prêtre, qui mettait beaucoup de temps à célébrer la Messe et sa Messe nous apparaissait comme une éternité. Tout le temps de la célébration, on riait, s’amusait sans accorder la moindre attention à ce qui se passait devant l’autel... Mais un jour un nouveau prêtre est arrivé, très jeune et qui paraissait fort bien. Nous trouvions qu’un jeune homme aussi attrayant en devenant prêtre n’était rien d’autre qu’un gaspillage… Nous nous sommes donc entendues pour voir laquelle d’entre nous réussirait à faire sa conquête! Pensez à cela un peu !

Les sœurs étaient les premières à aller communier et notre tour venait immédiatement après. Tel qu’entendu nous y sommes toutes allées juste afin de voir qui réussirait à séduire le jeune prêtre ! Nous devions déboutonner notre chemisier devant lui au moment même où il nous donnait la communion et celle qui parviendrait à faire trembler sa main serait celle qui possède les plus jolis seins. C’était le signe qui nous dirait laquelle de nous avait réussi à attirer son attention.

… Voilà les choses diaboliques que le diable nous incitait à faire ! … Et nous pensions qu’il s’agissait simplement de plaisanteries ! …Voilà où nous en étions rendues !

Ainsi, quand mon amie Estela est revenue de vacances, elle n’était plus la même personne, rayonnante, espiègle et toujours enjouée. Maintenant elle avait les traits affaissés, son visage était sans éclat et empreint d’une grande tristesse. Elle n’a rien voulu me dire. Mais un jour, alors que j’étais chez elle, elle me dit en abaissant sa jupe : « Quand ma mère a découvert que j’étais enceinte, elle est devenue folle de rage, à tel point qu’elle m’a prise immédiatement par la main pour me faire monter dans la voiture et m’a conduite chez un gynécologue. Une fois arrivées là, elle a dit au docteur : Elle est enceinte ! Vous allez me faire une faveur ! Demandez-moi ce que vous voudrez mais j’ai besoin que vous me régliez ce problème en l’opérant immédiatement ! » Mon amie Estela a ouvert le cabinet de sa chambre et j’ai vu une bouteille avec un couvercle rouge, plein de liquide…. Et là, à l’intérieur, j’ai pu voir le fœtus d’un bébé complètement formé ! Je ne pourrai jamais oublier ce que j’ai vu ! Au-dessus de la bouteille se trouvait la boîte de pilules contraceptives ! Imaginez la scène…

Voyez comment le péché peut aveugler une personne malade, et une mère spirituellement infirme, au point d’amener sa fille chez un médecin pour la faire avorter et de mettre ensuite ce fœtus dans une bouteille de sorte que sa fille ne puisse jamais plus oublier de prendre la pilule… Et de laisser cette même bouteille dans le placard de sorte que, dès qu’elle ouvrira la porte, elle puisse voir immédiatement cette macabre bouteille et au-dessus du couvercle cette fameuse boîte avec les pilules ! Un spectacle tout à fait macabre et absurde ! C’est justement ce que fait le démon quand nous succombons au péché sans pouvoir bénéficier d’une rencontre avec Dieu dans la confession ! Quand j’ai demandé à mon amie si cette expérience l’avait affectée, et si elle l’avait rendue triste, elle m’a répondu ironiquement : « Et pourquoi devrais-je être triste ? Au contraire, c’est ce qu’il pouvait m’arriver de mieux puisque ça m’a libérée de ce problème ! »

Mais elle mentait, parce qu’elle n’est jamais revenue comme elle était auparavant ! Un peu de temps après, elle est devenue dépressive ! Une dépression terrible ! … Alors elle s’est mise à prendre du LSD et, naturellement, comme j’étais sa meilleure amie, elle m’en a offert mais j’ai eu peur. D’une part, j’aurais bien voulu essayer ça parce que apparemment cette drogue vous donne des sensations de bien-être comme si on volait ou comme si on était sur un nuage et bien d’autres sensations merveilleuses qui attisaient ma curiosité… Mais je ne pouvais pas ! J’avais peur et je lui ai dit non, parce que l’odeur de la drogue serait restée sur moi ; et ma mère, qui avait le nez fin s’en serait vite aperçue et m’aurait sans doute tuée !

Je ne l’ai pas essayée ! Le Seigneur me montrait, maintenant, que ce n’était pas par crainte de ma mère que je ne l’avais pas essayée, mais par la Grâce de Dieu, parce que j’avais eu une mère qui priait, et sa prière du chapelet m’avait soutenue, et m’avait empêchée de m’avilir par de pareilles bassesses.

Toutefois mes amies n’étaient pas contentes, elles ont commencé à argumenter avec moi et à essayer de me convaincre, mais elles ont été très déçues de mon refus… Mais je ne pouvais pas, je ne pouvais tout simplement pas ! C’était une des nombreuses grâces que j’avais reçues d’une mère profondément dévote, qui avait prié Dieu pour moi et qui avait toujours vécu en union avec le Seigneur.