Les talents

Le Seigneur m’a dit : « Qu’as-tu fait des talents que je t’ai donnés ? Pas ceux du monde extérieur, les fragrances, les parfums coûteux, les vêtements jamais portés ! » … Les talents ? Je suis venue en ce monde avec une mission : celle de défendre le règne de l’amour. Mais j’avais oublié que j’avais une âme, et aussi des talents, et bien plus encore car je me devais de demeurer entre les mains compatissantes de Dieu. Je ne savais même pas que tout le bien que j’avais négligé de faire avait causé tant de peine à Notre Seigneur. J’ai vu les talents vraiment merveilleux que Dieu m’avait confiés pour ma vie terrestre. Frères, nous avons tous une valeur immense aux yeux de Dieu. Il nous aime tous, et il aime chacun de nous en particulier. Chacun de nous a une mission particulière à accomplir en ce monde. J’ai compris que ces talents, placés par Dieu en chacun de nous et qui étaient entièrement pour le service du Seigneur, inquiétait énormément le diable.

Savez-vous de quoi le Seigneur me demandais de lui rendre compte avant tout ? C’était de mon manque d’amour et de charité envers mon prochain, et le Seigneur m’a dit : « Ta mort spirituelle a débuté lorsque tu es devenue insensible devant la souffrance d’autrui ; et pourtant tu avais toi-même éprouvé cette souffrance. Tu étais vivante, mais une morte vivante ». Si vous pouviez seulement voir ce qu’est la mort spirituelle ! Une âme qui déteste est affreusement horrible, laide, aigrie, dégoûtante et elle est une source de désagrément et d’affliction pour tout son entourage. Il est triste de voir notre âme quand elle est noircie par le péché… J’ai vu la mienne : marquée… Mais à l’intérieur tout s’enfonçait dans l’abysse en dégageant une énorme puanteur. C’est pourquoi il y régnait une atmosphère de dépression et d’amertume. Le Seigneur m’a dit : « Ta mort spirituelle a commencé quand tu as écarté de ta vie tout sentiment de compassion envers tes frères. Lorsque tu as vu partout dans le monde les tribulations de tes frères, quand tu as été informée par les médias des massacres, séquestrations à travers la planète, c’était là un avertissement… Mais tu es restée impassible comme le roc ! Ta seule réaction a été de dire : oh, ces pauvres gens. Toutefois ces nouvelles ne t’ont point affligée, tu n’as rien ressenti dans ton cœur, ton cœur était dur comme de la pierre, et c’était le péché qui l’avait endurci ».

Maintenant je vais vous raconter ce que le Seigneur m’a dit concernant les talents reçus.

Je dois d’abord vous signaler que je ne regardais jamais les nouvelles à la TV, parce que les nouvelles désagréables et le nombre des décès récents ne m’intéressaient pas… Je m’intéressais seulement aux colonnes des dernières pages concernant les régimes alimentaires, l’horoscope, les attitudes et énergies mentales ou autres sujets de même nature… toutes ces choses que le diable emploie pour nous détourner et nous confondre… Le Seigneur m’a montré, dans le Livre de la Vie, comment, un jour, dans sa divine stratégie, il avait intentionnellement causé un retard dans les programmes, de sorte que quand j’ai allumé la TV les nouvelles n’étaient pas encore terminées : J’ai vu une humble paysanne qui sanglotait au-dessus du corps de son mari.

Je dois vous dire, frères, que le diable nous habitue et nous insensibilise aux peines des autres, à les voir souffrir en pensant que leurs problèmes ne nous regardent pas : ceux qui sont en difficulté devraient prendre soin d’eux-mêmes parce que leurs problèmes ne sont pas les nôtres. Et bien, le Seigneur m’a fait voir comment il était affligé de voir ces journalistes dont la seule préoccupation était de créer un impact médiatique sans être le moindrement touchés par le contenu de la nouvelle ; ils ne pensent qu’à vendre des nouvelles, sans s’inquiéter dans ce cas-ci de cette pauvre paysanne ! Quand j’ai ouvert la TV et que j’ai aperçu cette femme pleurer, j’ai éprouvé une peine profonde en voyant sa souffrance ; j’étais vraiment affligée de voir cette pauvre femme. C’était le Seigneur qui avait permis ceci ! J’ai porté attention à ce qui se disait, et je me suis rendue compte que l’endroit où ces événements avaient eu lieu était à Venadillo, Tulima : mon lieu de naissance ! Mais immédiatement après, les émissions quotidiennes reprenaient où il était question d’un régime phénoménal, et j’ai complètement oublié cette paysanne, parce que j’étais beaucoup plus intéressée par ce régime… Je n’ai donc jamais plus repensé à cette femme par la suite !

Celui qui n’avait pas oublié la paysanne était notre Seigneur ! Il m’a fait sentir la douleur et les souffrances de cette femme, parce qu’il aurait voulu que je l’aide. C’est à ce moment que j’aurais dû utiliser les talents qu’il m’avait donnés. Il me dit : « La douleur que tu as ressentie pour elle, c’était Moi qui te demandait de l’aider. C’était Moi qui avait retardé les nouvelles de sorte que tu puisses voir et comprendre : mais tu as été incapable de plier les genoux et de prier pour elle un seul instant, pas même une seule minute ! Tu t’es laissée aveugler par ce régime alimentaire et tu ne t’es plus jamais souvenue d’elle ! »

Le Seigneur m’a raconté l’histoire de cette femme et de sa famille… C’était une famille d’humbles paysans. On avait demandé à son mari d’abandonner la maison dans laquelle ils vivaient. Celui-ci avait répondu non et refusait de laisser sa maison. Des hommes étaient donc venus pour le forcer à partir. En les voyant venir pour le chasser il se rendit compte que ces hommes étaient armés et que leur intention était de le tuer. J’ai vu la vie entière de cet homme : j’ai vu et j’ai senti l’effroi et l’angoisse que cet homme pouvait ressentir ; j’ai vu comment il avait couru pour cacher ses enfants et son épouse et les mettre à l’abri sous ce qui semblait être d’énormes monceaux de terre. Je l’ai vu fuyant cet endroit pendant que ces hommes le pourchassaient. Savez-vous quelle a été sa dernière prière? « Seigneur protégez ma femme et mes petits enfants : je te les confie ! » Et ils l’ont tué froidement ! Il est tombé par terre raide mort. Quand ils ont tiré, le Seigneur m’a fait à sentir toute la douleur de cette femme et de ses petits. (sanglots)

Le Seigneur veut ainsi nous montrer la douleur que Lui-même éprouve et celle que les autres peuvent aussi ressentir. Mais nous, bien souvent, nous ne nous préoccupons que de ce qui nous concerne et nous ne nous inquiétons pas le moindrement de nos frères qui peuvent être dans le besoin ! (sanglots)

Savez-vous ce que le seigneur aurait voulu de moi ? Il aurait voulu que je me mette à genoux et que je le supplie pour cette famille, pour cette maman et ses enfants ! Dieu m’aurait inspirée à savoir comment j’aurais pu les aider ! Et savez-vous comment ? Il m’aurait été relativement facile de me rendre chez un prêtre, qui habitait en face de chez moi et de lui dire ce que j’avais vu à la TV. Ce prêtre était un ami du pasteur de ce village, (Venadillo, Tulima). Il possédait une maison de pension à Bogotá et aurait pu facilement aider cette femme.

Vous savez, la première chose dont nous avons à rendre compte devant Dieu, avant même nos péchés commis, sont nos péchés d’omission ! Ces péchés sont très graves ! Vous ne pouvez pas imaginer combien ! Un jour vous verrez, tout comme moi j’ai vu ! Ces péchés font pleurer Dieu ! Oui, Dieu pleure, en voyant ses enfants souffrir à cause de notre indifférence et de notre manque de compassion pour notre prochain parce qu’il y en a tellement qui souffrent et nous ne faisons rien pour eux ! Le seigneur nous montrera, il le montrera à chacun, les conséquences du péché de notre indifférence face à la douleur des autres. S’il y a tant de souffrances dans le monde, c’est dû à notre indifférence, notre insouciance, et la dureté de notre cœur.

Pour récapituler : cette paysanne se voyant persécutée, (puisqu’en fait on cherchait aussi à la tuer) a réussi à s’échapper avec ses enfants, et à trouver de l’aide auprès du prêtre de ce village. Le pasteur, désolé, lui a dit « Ma fille, vous devez fuir, parce que s’ils vous trouvent ils vous tueront ! »

Dans sa grande hâte, il a fait ce qui lui semblait être le mieux à faire pour elle : très inquiet, il l’a envoyée à Bogotá en lui donnant un peu d’argent et quelques lettres de recommandation !

Elle est partie en vitesse ; elle s’est présentée, avec ses lettres, dans les divers endroits que le pasteur lui avait indiqués, mais malheureusement personne n’a voulu lui porter assistance ! Et finalement savez-vous qui a accepté de l’aider ? Ceux qui l’ont obligée à se prostituer !!!

Le Seigneur m’a donné une nouvelle occasion de l’aider quand je l’ai revue de nouveau quelques années plus tard ! C’était un jour où je devais me rendre au centre-ville. Je détestais le centre-ville parce que c’était un endroit où l’on voit beaucoup de misère, et comme je me considérais supérieure, je n’aimais pas voir la pauvreté, l’indigence, et autres scènes semblables. Mais ce jour-là je devais vraiment y aller, et comme nous passions à travers le centre-ville, mon fils m’a demandé : « Oh ! Maman, pourquoi cette dame est-elle habillée de cette façon, et pourquoi sa jupe est-elle si courte ? » Je lui ai répondu : « Ne regarde pas ça, ce sont des femmes de vie, qui vendent leur corps pour le plaisir, pour l’argent : ce sont des prostituées, elles sont malpropres. » Imaginez seulement ! En parlant ainsi j’empoisonnais mon fils avec mes propos ! Je catégorisais sans pitié une sœur tombée dans cette situation dégradante en raison de l’indifférence des gens. Le seigneur me dit : « Les indifférents sont des tièdes, et moi je les vomis ! Une personne indifférente n’entrera pas dans le Royaume des Cieux, jamais ! La personne indifférente est celle qui passe dans le monde sans attacher aucune importance à quoi que ce soit, rien ne la touche sinon sa maison et ses propres intérêts ! Ta mort spirituelle a pris naissance quand tu as cessé de t’intéresser à ce qui arrive à tes frères, quand tu n’avais plus d’intérêt que pour toi-même et ton bien-être personnel ! »