Mon jugement

Quand j’ai crié à nouveau que j’étais catholique, alors, frères, j’ai entendu une Voix, si douce, mais si douce… Si belle, que cela a rempli tout l’espace de paix et d’amour, et a fait sursauter mon âme. Ces horribles créatures qui s’agrippaient à moi, en l’entendant, se prosternèrent aussitôt en adoration et demandèrent la permission de se retirer parce qu’ils ne pouvaient pas supporter la douceur de cette Voix ; alors quelque chose s’est ouvert comme une bouche suspendue, et pris de panique ils ont tous fui. Imaginez la scène ! Quand j’ai vu ces créatures, ces horribles démons, là prosternés face contre terre. À la simple audition de la Voix du Seigneur (malgré l’orgueil de Satan, cette Voix a quelque chose de très désagréable à leurs oreilles) ils se jettent à genoux !

Puis, j’ai vu la Bienheureuse Vierge Marie se prosterner devant le Seigneur, lorsque le prêtre a élevé l’Hostie pendant la messe célébrée pour le repos de l’âme de mon neveu. La Vierge Marie est venue intercéder pour moi ! Agenouillée aux pieds de Notre Seigneur, elle a recueilli toutes les prières que les personnes de la terre m’ont offertes, et elle les Lui a présentées.

Vous savez, durant l’élévation, lorsque le prêtre soulève l’Hostie, on sent la présence de Jésus, alors que chacun se prosterne à genoux, même les démons ! … Et moi, qui allait à la messe sans montrer le moindre signe de respect, sans porter attention, mâchant de la gomme, somnolant, regardant tout autour, perdue dans mille pensées banales… ! Et maintenant, remplie d’arrogance, j’avais le culot de me plaindre que Dieu ne m’écoutait pas quand je Lui demandais quelque chose !

Croyez-moi, c’était stupéfiant de voir toutes ces créatures, tous ces êtres terrifiants, se jeter au sol au passage de Notre Seigneur dans un geste impressionnant d’adoration. J’ai vu la Vierge Marie s’agenouiller gracieusement aux pieds du Seigneur, en adoration devant Lui et le priant pour moi … Et moi, pécheur qui, avec mes absurdités, Lui manquait de respect tout en prétendant que j’étais bonne… Oui, misérablement bonne ! Moi qui Le déniait et Le blasphémait ! Imaginez quelle pécheresse j’étais, alors que même les démons se prosternaient au sol, au passage de Notre Seigneur Jésus-Christ… !

Cette voix, si belle, me dit :

« Très bien, si tu es Catholique, dis-moi quels sont les commandements de la Loi de Dieu ! »

… Imaginez mon effroi ! … Cette question que je n’avais justement pas prévue ! Je savais seulement qu’il y en avait dix ! Et puis … rien de plus !

« Et maintenant comment allons-nous nous débrouiller avec ceci ? »,pensais-je en moi-même, un peu embêtée. Je me suis rappelée que ma mère avait l’habitude de dire que le premier des commandements était l’amour, elle en parlait même tout le temps.…de l’Amour de Dieu et de l’amour du prochain. Pour une fois, les sermons de ma mère allaient m’être utiles à quelque chose, me suis-je dit. J’ai alors opté pour cette réponse, espérant que ce serait suffisant et qu’on oublierait vite le reste ! Je croyais bien m’en sortir de cette manière comme j’en avais généralement l’habitude de mon vivant : en fait, j’avais toujours une réponse prête, la réponse parfaite. Je pensais alors m’en sortir de la même manière.

Et j’ai donc répondu :

« Le premier commandement est : d’aimer Dieu par dessus toutes choses, et… mon prochain comme moi-même. »

« Très bien, me dit-il, et as-tu fait cela ? As-tu aimé ?”

Totalement confuse, j’ai dit : « Moi… oui ! Oui, moi oui. Oui ! »

Mais cette voix merveilleuse m’a dit : « Non ! »

Je vous assure que quand il m’a dit « Non ! », c’est là que l’impact de l’éclair s’est véritablement fait sentir ! En fait, je ne réalisais pas encore de quel côté j’avais été frappée…

Mais quand j’ai entendu ce “Non ! » c’est là que j’ai ressenti toute la douleur de l’éclair qui m’avait frappée ! … Je me suis sentie mise à nue, tous mes masques sont tombés et je suis restée complètement à découvert.

Cette Voix donc a continué de me dire :

« Non ! Tu n’as pas aimé ton Seigneur par dessus toutes choses, et encore moins ton prochain comme toi-même ! Tu t’es fabriquée un Dieu que tu as modelé sur ta personne, sur ta propre vie ! Seulement dans les moments d’extrême nécessité, ou de souffrance, t’es-tu souvenue de ton Seigneur. Et puis oui, tu t’es mise à genoux, tu as pleuré, tu as demandé, tu as offert des neuvaines, tu as promis d’aller à la Messe, de prier en groupes, demandant des grâces ou un miracle… Quand vous étiez pauvres, que ta famille était modeste, quand tu désirais encore devenir une professionnelle, alors oui, tu avais l’habitude de prier à genoux, chaque jour, pendant des heures entières, sollicitant ton Seigneur ! Tu me priais, me demandant de te sortir de cette pauvreté, pour que tu puisses devenir une professionnelle et être quelqu’un ! Quand tu étais dans le besoin et que tu avais besoin d’argent, alors oui, tu faisais des promesses : je prierai le chapelet mais Toi, Seigneur, donne-moi un peu d’argent ! C’était là la relation que tu entretenais avec ton Seigneur ! Jamais, n’as-tu pas gardé une seule promesse faite, pas même une seule ! Et, en plus de ne pas tenir tes promesses, tu ne m’as jamais remercié ! »

Et le Seigneur insista sur le point suivant :

« Tu as donné ta parole, tu as fait une promesse à ton Seigneur, mais sans jamais pouvoir la tenir ! »

Le Seigneur m’a montré une de mes nombreuses prières : quand je Lui ai demandé la grâce d’avoir ma première voiture ; je l’ai prié et très humblement je lui ai demandé poliment qu’il m’accorde seulement une petite voiture, même si ce n’était qu’une voiture d’occasion, ce n’était pas important … pourvu qu’elle marche. Mais dès que j’ai obtenu ce que je demandais, je n’ai même pas dit « merci » au Seigneur ; et huit jours plus tard, non seulement je ne l’avais pas encore remercié, mais déjà je l’avais renié et je parlais en mal de Lui. Il m’a fait remarquer que, toutes les fois qu’il m’avait accordé ses grâces, non seulement j’avais fait preuve d’ingratitude en dépit des promesses faites, mais que je ne l’avais jamais remercié.

Ma rencontre avec le Seigneur s’est déroulée de manière vraiment triste. Comme vous pouvez voir, ma relation avec le Seigneur était comme celle d’un “Distributeur de billets de banque” : Je disais un chapelet et il devait me donner de l’argent …et s’il ne m’en donnait pas je me révoltais. Le Seigneur m’a montré tout ça. Dès qu’il m’a permis de devenir professionnelle – et par conséquent de commencer à acquérir un certain prestige et un peu d’argent – le nom de Dieu m’était déjà devenu inconfortable … Je commençais déjà à me sentir importante, sans avoir pour Lui le moindre soupçon d’amour ou de gratitude.

Moi, montrer de la reconnaissance ? Jamais ! Pas même un “merci” pour chaque jour nouveau qu’il me donnait, ou pour ma santé, ou pour avoir un toit sur la tête… Ou pas même une prière de compassion pour ces pauvres indigents qui n’ont pas de maisons pour se loger, ni même quelque chose à manger. Rien !!! Ingrate au maximum ! Et pire encore, j’étais devenue incroyante en ce qui a trait au Seigneur, alors que je croyais en Vénus et Mercure comme porte-bonheur, et je m’étais portée aveuglément vers l’astrologie en prétendant que les astres dirigeaient notre vie. Je commençais à croire en toutes ces doctrines que le monde m’offrait. Je croyais, par exemple, à la réincarnation : Je m’étais convaincue qu’en mourant tout allait recommencer à partir du début… et j’oubliais qu’il y avait un prix à payer, soit le tribut du Sang de mon Seigneur Jésus.

Le Seigneur continua :

« Tout ce que tu as eu ne t’a pas été donné parce que tu l’avais demandé, mais c’était un bienfait que tu as reçu du Ciel : toi, au contraire, tu prétendais l’avoir obtenu grâce à ton travail, ta combativité…Que tout ce que tu avais, tu l’avais conquis par la force de tes mains et à force d’étudier. Non ! Vois : combien de professionnels sont là, plus qualifiés que toi, qui travaillent autant ou même plus que toi ? »

Le Seigneur passa les dix Commandements en revue me montrant ce que j’étais vraiment ; que dans les mots je disais adorer et aimer Dieu mais qu’au contraire j’adorais Satan. Dans ma clinique de consultation, une patiente tireuse de cartes qui venait souvent me voir se servait de la magie pour chasser les mauvaises influences et avait l’habitude de dire : « Je ne crois pas en ces choses… mais je le fais quand même, on ne sait jamais… ». Et elle pratiquait ses diableries dans un coin où personne ne la voyait. Elle se servait d’un fer à cheval, d’une plante d’aloès pour éloigner la mauvaise fortune et autres trucs semblables. Savez-vous ce que je faisais en lui permettant de faire ça? J’ouvrais ainsi ma porte aux démons pour qu’ils puissent entrer à leur guise et circuler librement, joyeusement dans ma clinique et dans ma vie. Vous voyez comme tout ça était honteux de ma part. Dieu a fait une analyse de ma vie entière à la lumière des dix Commandements, il m’a montré comment était ma relation avec mon prochain et avec Lui. Je critiquais tout et chacun…et chacun me pointait du doigt en disant « olé Gloria… » ! Il m’a montré que lorsque je disais aimer Dieu et mon prochain, au contraire j’étais envieuse. Alors j’ai compris que quand je trompais quelqu’un et que je mentais, c’était comme si je me parjurais puisque en disant : « Je suis Catholique », je déclarais que Jésus-Christ était mon Seigneur et en même temps je témoignais en faveur du mensonge et de la déception. Combien de mal ai-je causé à tant de personnes ! Quant au reste, je n’étais jamais reconnaissante envers mes parents, pour toutes leurs privations et les efforts déployés pour me permettre d’avoir une profession et de réussir dans la vie ; pour leur dévouement et tous les sacrifices consentis… Mais je n’avais rien vu, j’avais tout ignoré, et dès que j’ai eu du travail, ils ont même diminué à mes yeux : au point où j’avais honte de ma mère, de sa pauvreté et de son indigence.

Jésus poursuivit, me montrant quelle sorte d’épouse j’étais : Dès mon réveil je passais ma journée à maugréer. Mon mari me disait : « Bonne journée! » et je répliquais : « Peut-être pour toi ! Regarde il pleut ! » Je ne cessais pas de bougonner et de dire le contraire.

Pour ce qui est de la sanctification des jours saints ? Quel désastre ! Quels regrets j’ai ressentis ! Jésus m’a fait voir que je consacrais quatre et même cinq heures à faire du conditionnement physique, et pas même dix minutes par jour pour mon Seigneur, et pas même une petite prière ou le moindre remerciement… non, rien du tout ! Au contraire, parfois je débutais mon chapelet en vitesse, durant les interludes d’un roman savon, pensant pouvoir prier durant les messages publicitaires. Je commençais rapidement, sans porter attention à ce que je disais, plus préoccupée à savoir si le feuilleton avait recommencé ou pas, et où l’émission en était rendue. Bref, sans aucune pensée venant du cœur pour Dieu.

Jésus a continué à me montrer comment je Lui étais nullement reconnaissante, et combien j’étais paresseuse quand il s’agissait d’aller à la Messe. Quand je vivais encore avec mes parents et que ma mère m’obligeait à y aller, je lui disais : « Mais maman si Dieu est partout pourquoi dois-je aller à l’église pour assister à la Messe ? » Évidemment, ça m’était commode de parler ainsi… et Jésus me montrait ça. Le Seigneur était à ma disposition vingt quatre heures par jour, Dieu avait pris soin de moi durant toute ma vie et j’étais trop paresseuse pour Lui consacrer un peu de temps le dimanche, pour Lui signifier ma gratitude, mon amour pour Lui… Mais le pire de tout était de reconnaître que d’aller à l’église le dimanche me permettait de nourrir mon âme. Mais moi, au contraire, je me consacrais entièrement au soin de mon corps, j’étais devenue esclave de ma chair et, en particulier, j’avais oublié que j’avais une âme ! Et jamais je n’en avais pris soin.

J’avais même dit, avec insolence, au sujet de la Parole de Dieu, qu’une personne qui lisait beaucoup la Bible pouvait devenir folle. J’étais devenue une blasphématrice et l’incohérence de ma vie m’avait amenée à dire : « Mais quoi le Saint des saints ? Et Dieu serait présent là ? Dans le ciboire et le calice ? … Le prêtre devrait y ajouter du brandy pour y donner un meilleur goût ! »

À quel point en étais-je arrivée à force de dégrader ma relation avec Dieu ! J’avais laissé mon âme sans nourriture, et comme si ce n’était pas assez, tout ce que je faisais était de critiquer les prêtres. Si vous saviez, mes frères, comme je me sentais mal, face à Jésus ! Le Seigneur m’a montré à quel point ces critiques avaient avili mon âme. Encore pire que tout ça, sachez que j’avais déjà déclaré qu’un prêtre était homosexuel et toute la communauté était venue à l’apprendre… Vous ne pouvez pas imaginer tout le mal que j’avais fait à ce prêtre ! Non, vous ne pouvez pas vous imaginer ! Je ne peux pas vous en dire plus ce serait trop long. Sachez seulement qu’un seul mot est suffisant pour tuer et détruire une âme. Je réalisais maintenant tout le mal que j’avais fait ! Ma honte était si grande que je ne trouve pas les mots pour le décrire ! De grâce ne faites pas ça ; ne critiquez jamais ! Priez ! J’ai vu que la faute la plus grave qui avait souillé mon âme, et qui m’avait attiré les pires malédictions dans la vie, était d’avoir parlé en mal des prêtres !