Honore ton père et ta mère

Jésus a continué à tout me montrer… Je vous ai déjà raconté comment j’étais ingrate pour mes parents, comment j’avais honte d’eux ; je parlais en mal d’eux et je les désavouais parce qu’ils étaient pauvres et qu’ils ne pouvaient pas me donner tout ce que mes amis riches avaient. J’étais une fille ingrate, au point de prétendre que cette femme n’était pas ma mère, parce qu’elle semblait m’être inférieure. C’était pénible de voir le résumé de vie d’une femme sans Dieu. Elle détruit tout ce dont elle s’approche. Et au delà de tout ceci, et c’est là la pire chose, je me considérais comme une très bonne personne !

Pour ce qui est du 4ème commandement je pensais m’en tirer assez bien, parce que mes parents m’avaient coûté énormément cher : j’avais dépensé beaucoup d’argent pour eux en raison de leurs maladies (toute mon analyse, en fait, était faite sur la base de paiements), parce que chacun d’eux souffrait de maladies graves avant de mourir. C’était mon mari qui avait couvert les frais, et il avait même dit : « Regardez-moi un peu ces deux effrontés sans scrupule, ils ne nous laissent même pas un sous en héritage et bien plus il nous a fallu dépenser une fortune pour eux. Les parents de mes amis, au contraire, laissent au moins quelque chose… ». Et le Seigneur m’a montré comment j’analysais tout du point de vue de l’argent, parce que j’avais même manipulé mes parents quand je possédais argent et pouvoir et j’avais même profité d’eux.

Avec l’argent je me prenais pour un Dieu, et je m’étais même comportée de manière outrageuse avec mes parents. Savez-vous ce qui m’affligeait le plus? C’était de les voir là… Mon père pleurait, voyant qu’il avait été un bon père, car il avait appris à sa fille à travailler, à se battre, à être entreprenante, respectable, parce que seuls ceux qui travaillent réussissent à percer… Cependant, j’avais oublié un détail : que j’avais une âme, qu’il était mon évangélisateur, avec son témoin. Ma vie avait commencé à basculer suite à l’exemple qu’il m’avait laissé. Il réalisait maintenant, avec un profond regret, la responsabilité qu’il avait devant Dieu, alors qu’il était un coureur de jupons, et qu’il avait l’habitude de dire en riant, se vantant à ma mère et à qui voulait l’entendre, pour paraître très « macho » ; qu’il avait plusieurs femmes et qu’il pouvait toutes les conquérir. Il avait aussi l’habitude de boire et de fumer. Même s’il était une bonne personne, il avait ces vices qui, selon lui, n’étaient pas grand chose. Au contraire, il les considérait comme des vertus. Il en était même très fier. Alors que je n’étais encore qu’un bébé et que je voyais comment ma mère pouvait pleurer quand il parlait des autres femmes, j’ai commencé à ressentir de la colère et de la rage. Les ressentiments sont le commencement de la mort spirituelle: je sentais une colère effrayante monter en moi en voyant avec quelle désinvolture mon père humiliait ma mère devant les gens, et combien de larmes il lui avait fait verser... Et elle, ne disait jamais rien. C’est là que j’ai commencé à me rebeller.

Quand j’étais encore adolescente, je disais souvent à ma mère : « Je ne ferai jamais comme toi. Tu bafoues la dignité des femmes et, pour cette raison, nous les femmes perdons toute notre estime. Tout ça c’est la faute de femmes comme toi, sans dignité, sans fierté, qui se laissent traiter avec mépris et humiliées par les hommes. » Et à mon père je disais souvent :

« Écoute bien, papa : je ne permettrai jamais à un homme de faire ce que tu fais à maman ! Jamais ! Et si jamais, un jour, un homme m’était infidèle, je me vengerai moi-même ! Je lui ferai la même chose pour qu’il puisse apprendre ce que c’est ! »

Mon père m’a battue en me criant : « Comment oses-tu, petite insolente ? » J’ignore pourquoi mon père était si chauvin. Je lui ai répondu :

« D’accord, tu peux me battre si tu veux… Mais si un jour je me marie, et que mon mari me trahie, je me défendrai moi-même en lui rendant la pareille, pour que les hommes puissent comprendre toute la douleur que peut éprouver une femme lorsqu’un homme la piétine et l’humilie de pareille façon ! »

J’avais le cœur rempli de haine et de ressentiments. J’étais tellement furieuse que cela avait transformé ma vie en une vie de rébellion : j’ai commencé à vivre avec le désir de me porter à la défense des femmes : je me déclarais en faveur de l’avortement, de l’euthanasie, du divorce, et je conseillais même à celles que je connaissais de se venger de leurs maris si ceux-ci les trompaient ! Je n’avais jamais été infidèle à mon propre mari mais mes conseils avaient fait beaucoup de mal à bien des gens.

Quand finalement je suis devenue économiquement plus aisée, je disais à ma mère :

« Maman, tu devrais te séparer de papa, car il te rend la vie impossible ! Aie un peu plus de dignité et d’estime pour toi-même. Maman ! »

En dépit de ses défauts, j’aimais bien mon père: je l’aimais malgré tout ? Parce que ma mère était vraiment une bonne épouse, qui ne nous avait jamais, jamais, enseigné à détester, ni mon père, ni personne d’autre ! … Et moi, vous pouvez vous imaginer un peu ! Je voulais obliger mes parents à divorcer ! Toutefois, ma mère persistait à dire:

« Non, ma fille, je ne peux pas ; je souffre, il est vrai, mais je me sacrifie pour vous tous, mes enfants. Vous êtes sept et moi je suis seule. Je me sacrifie parce que votre père est un bon père : je serais incapable de me séparer de lui et de vous laisser sans père. Et puis, si je me séparais de votre père, qui prierait pour qu’il puisse être sauvé ? Il n’y a que moi qui puisse prier le Seigneur pour son salut : en fait, j’unis les peines qu’il me fait subir aux souffrances de Jésus sur la croix. Je vais à l’église tous les jours et devant le tabernacle je demande au Seigneur : « Seigneur, ma douleur n’est rien: je l’unis à celle de votre Croix, afin que mon mari et mes enfants puissent être sauvés. » Je confie votre père à la miséricorde de Jésus et au chapelet. Le diable l’attire vers le bas l’incitant au péché, mais je le soutiens avec le chapelet et je l’amène devant le tabernacle, en présence du Saint Sacrement, et je demande à Jésus : « Seigneur le voici : je vous le confie pour que vous ne le laissiez pas mourir sans qu’il se convertisse. Seigneur, je ne prie pas seulement pour mon mari, mais également pour toutes ces femmes qui sont dans la même situation que la mienne, et en particulier pour celles qui, au lieu de solliciter votre aide pour leur mari et leurs enfants, ont recours aux charlatans et aux diseurs de bonne aventure, ou bien qui se trahissent elles-mêmes, en abandonnant leur propre âme et leur famille dans les griffes de Satan. Seigneur, je te prie pour ces femmes et pour ces familles. »

Mon père s’était converti huit ans avant de mourir ! Il s’est repenti, a demandé pardon à Dieu, et le Seigneur lui a pardonné. Il était dans le purgatoire, mais dans la partie inférieure, souffrant énormément pour réparer ses fautes. Le besoin de réparer ses fautes est une chose que nous ne prenons pas très au sérieux, et qui est trop souvent oubliée. Évidemment, ce n’est pas toujours possible, mais pour cette raison précisément le Seigneur nous accorde la grâce de réparer nos erreurs par le biais de la Sainte Communion. Chaque fois que nous assistons à la sainte Messe, le Seigneur nous donne l’opportunité de faire réparation pour le mal que nous avons commis. Dans l’après vie, Dieu nous montre les conséquences de nos péchés et du mal que nous avons pu causer à notre prochain. Même un mauvais regard, un vilain mot… Si nous pouvions voir l’impact terrible que ce mot, ce regard a pu avoir!

Et de voir combien nous pleurons, là, pour toutes ces erreurs!

Quant à mon père, ma mère lui disait souvent de conseiller à mes frères d’abandonner la vie de débauche qu’ils menaient. En fait, ils suivaient les traces de mon père qui vivait dans l’infidélité et l’intempérance… Ils étaient une copie conforme de leur père. Si mon père avait suivi les conseils de sa femme il aurait réparé sa faute. Mais sa réponse était toujours la même : laisse les enfants s’amuser, ils auront toujours le temps de changer ! Il donnait le mauvais exemple à mes frères et il n’avait pas fait réparation pour ses fautes. Et là, dans le purgatoire, il pleurait amèrement, et disait : « J’ai été sauvé grâce aux trente-huit années de prières de cette sainte femme que Dieu m’avait donnée pour épouse ! » Ma mère avait passé trente-huit ans de sa vie à prier pour lui.