Le Ciel bénit ceux qui prient pour les âmes du purgatoire.

Avant de quitter sainte Brigitte, je vais rapporter une autre de ses admirables visions, qui montre clairement combien sont bénis du ciel ceux qui prient pour les morts.

Les bénédictions que le saint roi David demandait pour les habitants de Jabès : « Soyez bénis du Seigneur, vous qui avez usé de miséricorde envers votre maître Saül et qui lui avez donné la sépulture, » les anges et les âmes souffrantes les demandent encore avec plus d'instance pour les bienfaiteurs des défunts.

Sainte Brigitte vit donc une autre fois ces sombres prisons où les âmes se purifient comme l'or dans le creuset ; elle y entendit la voix sonore d'un ange qui disait parmi ses prières : «Béni soit celui qui, vivant sur la terre, secourt les âmes souffrantes par ses oraisons et ses bonnes œuvres, puisque l'infaillible justice de Dieu exige que les âmes soient purifiées, par les tourments du purgatoire ou délivrées par les suffrages de leurs amis. » Ensuite la sainte entendit plusieurs voix attendrissantes qui s'écriaient : « O Jésus très-juste Juge, au nom de votre infinie miséricorde, n'ayez pas égard à nos innombrables fautes, mais aux mérites de votre très-précieuse passion. Inspirez la vraie charité au cœur des ecclésiastiques, des religieux et des prélats, afin que par leurs prières, leurs sacrifices, leurs aumônes et leurs indulgences, ils apportent un soulagement à nos peines. Oh ! alors, nous pourrons espérer que Dieu adoucira, abrégera nos tourments et nous appellera plus tôt à lui pour contempler sa beauté infinie. »

Enfin du fond de cet abîme de souffrances, d'autres supplications se firent entendre : « Que Dieu récompense ceux qui envoient du secours à des infortunés qui souffrent et qui ne peuvent rien eux-mêmes pour leur délivrance. » Puis une splendide clarté, suivie cependant d'un nuage, s'éleva de cette obscure prison pour faire comprendre que c'était l'aube d'un beau jour dont la lumière ne serait pas néanmoins aperçue par toutes les âmes, et on entendait un chœur de voix qui chantait : « O Dieu des miséricordes ! que votre puissance infinie récompense au centuple ceux qui, par leurs bonnes œuvres, nous élèvent de ces ténèbres à la céleste lumière. »

Voilà la récompense de ceux qui aiment les âmes du purgatoire, voilà les avocats qu'ils s'attachent par les prières. Ces âmes bien-aimées de Dieu, envoyées par eux dans la félicité éternelle, n'oublient jamais ce qu'on a fait pour leur délivrance, et obtiennent toujours les grâces les plus abondantes.

Plaise à Dieu que ces visions dont la lecture a déjà produit tant de sentiments de piété et de ferveur, fassent naître dans l'âme de chacun de mes lecteurs, le plus vif désir d'assurer son salut en travaillant au soulagement des âmes du purgatoire.